Design social et conception circulaire
Par Zoé Burns-Garcia
Le projet initié par la fondatrice de la compagnie Claire Renaud, je le trouve brillant pour plusieurs raisons. Notamment parce qu’il a été imaginé pour être véritablement bénéfique pour toutes les parties prenantes.
Que ce soit les organisations, les membres des organismes communautaires, l’artiste ou designer impliqué (dans ce cas-ci, c’est moi), la personne médiatrice et la compagnie de création en arts vivants.
En effet, c’est une activité manuelle et sociale pour les membres d’organisme communautaire, aussi une façon d’améliorer leur aménagement pour l’organisation, des revenus ponctuels pour un-e artiste et un-e médiateur-ice culturel, en plus d’être un laboratoire d’expérimentation pour intégrer des matériaux de réemplois.
C’est aussi un exemple de projet social et circulaire, composé à 90% de matériaux issus du réemploi, qui intègre aussi des pratiques de mutualisation (atelier collectif, communauto).
J’avais envie de parler des étapes nécessaires à un projet qui intègre un haut pourcentage d’éléments réutilisés. Et ce projet, puisqu’il est à petite échelle, est un bon terrain de jeu pour expérimenter et apprendre à naviguer dans un système de fabrication que j’apprivoise encore.
Un processus de design habituel se passe grosso modo comme ceci :
1. Rencontre préparatoire avec le client
2. Présentation du concept 1
3. Modifications
4. Présentation du concept 2
5. Approbation du concept par le client
6. Discussion avec l’atelier ou le fabricant
7. Fabrication / Installation
Les étapes d’un processus intègrant des éléments issus du réemploi
Dans un processus où la circularité a une place importante, la phase de conception et de fabrication sont davantage imbriquées. C’est pratiquement à l’envers du processus de design qu’on apprend à l’école. C’est beaucoup d’échanges et d’aller retours. C’est certain que ça prend du temps, mais le revers est qu’on apprend aussi beaucoup plus à connaître les personnes à qui servira le design.
1. Déterminer les besoins et la zone d’intervention
On a d’abord discuté des besoins avec la cliente en termes d’aménagement afin d’identifier des éléments réaliste à fabriquer selon le temps de fabrication alloué.
La directrice de l’organisme nous a mentionné que le besoin de cloisonner certaines zones se faisait sentir par moment, puisque l’espace central est à aire ouverte.
2. Maquette flexible
On lui a proposé une zone d’intervention (ici : le panneau séparateur) ainsi qu’un moodboard général. Puisqu’on conçoit à partir de l’existant, il est facilitant de développer un concept qui peut être adapté facilement. Soit en n’étant pas rigide sur des dimensions précises ou des matériaux spécifiques.
3. Repérage dans les ressourceries
Plutôt que débuter la conception tout de suite, on est allé en repérage d’items existants chez un acteur du réemploi. Dans ce cas-ci, on a identifier un panneau en MDF sur le site d’Écoscéno. Il a été réservé pour nous pour une période de 72h.
4. Ajustement du concept selon l’item réel trouvé
Nous avons produit un croquis selon l’élément réel trouvé pour présenter le visuel à la cliente pour approbation.
Seule la quincaillerie a été acheté neuve
6. Découpe des matériaux et pré-assemblage
On a pris contact avec deux fabricant-es qui opèrent dans un atelier collectif pour la découpe des matériaux; le bois et l’acrylique transparent pour faire des faux vitraux.
7. Livraison
Et comme il manque encore des maillons à la chaîne d’approvisionnement / distribution, j’ai fait la livraison des items à l’atelier moi-même en Communauto, un autre bel exemple de mutualisation.
8. Assemblage et fabrication communautaire
Le tout a été assemblé lors de deux journées de fabrication communautaire avec les participants et certain-es employé-es de l’organisme.
Le réel impact d’un projet comme ça, il est symbolique, social et dans l’apprentissage du travail avec des matériaux de réemploi.
C’est un projet qui permet de se familiariser avec la logique de fonctionnement circulaire, de prendre les réflexes. Aussi, de développer un nouveau réseau de fournisseurs, travailler avec des matières ou des produits avec lesquels on a pas l’habitude.
Il faut aussi se rappeler que nos gestes percolent et ont des impacts plus vastes à moyen terme.
Concraitement, ce projet a permis de détourner des matériaux de l’enfouissement.
En plus de soutenir des entreprises d’économie sociale.
L’écoconception est véritablement une démarche. Elle prend du temps à apprivoiser, parce que c’est un changement de réflexes et de systèmes. Et qu’il manque encore des acteurs dans la chaîne pour faciliter le processus. Mais ça viendra.
Et en attendant, on peut se demander comme individu ou organisation : Quel maillon de la chaîne peut-on représenter et mettre en place ?
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